Le lendemain à Dijon, au deep inside,pour accompagner les Autrichiens de Delilah, et retour à la base avec un nouvel idiome délicieux en bouche : "terminal rail-route". Il faut peu de choses a un pôv'groupe de rock pour tenir les kilomètres. Une telle invitation à la rêverie n'aurait su nous échapper.
Et pis des bises a la clique dijonnaise, avec un catering tradition à base de tartes, un concert serré du dimanche soir, dans une voute qu'on aurait juré avoir déjà vue. Il faudrait écrire un bouquin de cuisine, ou une étude sur les mérites comparés des quiches en milieu underground. Quand on y pense, le nombre de kilomètres de pâte brisée déroulée au service du rock'n'roll, les tonnes de tomates pelées dégoulinant aux commissures des lèvres de tout ces musiciens affamés. Les heures passées par les organisateurs, leurs familles, leurs amis, à cuisiner l'ultime croute vegan qui sera engloutie en pensant a autre chose par un guitariste ingrat. Je veux rendre hommage a cette orgie punk culinaire quotidienne.
A Nimes, point de chichis gastronomique et politique. Viande pour tout le monde. Denis aurait fait la gueule si un Kanteux s'était piqué de vegetarisme. Hachis de taureau parmentier. La bête saignée sous nos yeux par Christen dans la cour arrière de la chapelle. Juste le temps de faire fermenter son urine pour nous bourrer la gueule pendant que les géniaux Poutre assénait une noise carrée et hurlante qui nous a mis les foies. Just a normal day in French Texas. Au regret de ne pas avoir croisé les compères de Shub, titulaires d'un récent album dont une pré écoute en flag se révélera salivative. Mais on les croisera plus tard lors de leur passage au Sonic.
Alors Nîmes, et son public venu en nombre se serrer et bouger dans le saloon. De l'ambiance hurlante comme elle manque parfois au public lyonnais célèbre dans son statisme; dévisageant, dépiotant, n'osant pas laisser les choses du corps prendre le dessus, tout au plus une main moite a peine sortie de la poche venant tapoter timidement la cuisse. Non là, a part les skins qui boudaient dans leur rangers en essayant d'avoir l'air antipathique tout seuls dans leur coin, les gens étaient dedans. La chapelle, enfin un lieu ou on ne se demande plus pour qui, pour quoi on joue. Si même notre prog-rock dissonant de vieux ados au 3/4 papas peut faire sourire et bouger le popotin, c'est que, et d'une tout n'est pas perdu, mais surtout que le gens on faim.
A propos de bouffe, le catering de Jérévan and friends à l'assomoir de St-Etienne deux jours avant en premiere partie de Lukestar était etonnament heterogène, sain et goutu. Une place de choix dedans mon receuil pour ce putain de gratin dauf qui avait la particularité d'être meilleur froid que chaud.Et puis du salami, puisque les Lukestar, outre le fait de jouer une pop vitaminée feminine et aigue rarement entendue dans nos contrées, avait la particularité d'être Norvegiens. Et extremement sympathiques. Avec un chanteur talentueux,gros,sexy et véron. Des compos pleine d'envolées et de romantisme. Pas foule, dommage, mais bonne soirée.

Ce qui nous ramène à Lyon, à Vaise, au rail grnd theatre zero, même, si vous voulez tout savoir, où nous ouvrimes la soirée pour des tas d'américains beaux et forts en slim.Pour l'annuel Zozzfest. Décidement, ça doit être les burgers, mais les Américains sont beaux et forts et professionnels.Ils boivent plus que nous, se droguent mieux, joue plus fort, plus longtemps. Oh ça n'empêche personne de se faire chier au bout de deux morceaux de Russian Circle, même si j'ai l'impression d'avoir été le seul dans la salle à apprécier un peu leur post-rock métal tellement chantilly que ça en devenait perversement admissible,mais faut reconnaitre qu'ils ont un truc avec leurs batteurs. Ils peuvent être à la fois tatoués et en mouleboule, mais sans jamais perdre ce côté terminale S, math option sport, muscle option gras. Musicalement. Il lèvent les bras très haut, ce qui ne sert a rien selon Jo, mais c'est beau et les filles voudrait leur faire l'amour spirituel. Ils jouent ultra carré, très composé, avec des tas de breaks architecturaux, et une odeur de poulet grillé. On dirait de la musique classique. C'est très émouvant. Et un truc bizarre avec These Arms Are Snakes. Il faut les voirs de côté. C'est fou. J'étais devant, c'était naze. Je me suis mis sur le côté de la scène,je pouvais presque manger des bouts de barbes de Krist Novoselic, et là c'était bien. Imaginez ma surprise. Abîme de reflexion à la bière sur l'angle de vue, la façon de se placer, et des tas de trucs comme ça. Je me remets devant. Re-naze. Re-sur le côté, re-bien. L'impression de regarder une vidéo. Ces rockeurs américains sont des vidéos. Quand Asterix se balançait comme une nouille aux balustrades, au péril des coutures de sa chemise (rose orangée assez classe, et je m'y connais), on regardait un clip d'At the drive in. (OUais c'est aussi le syndrome petit synthés qui servent a rien, sur des tréteaux ridicules et pas sexy, beurk mais tout le monde voudrait être tout à la fois, ultime post-hardcore dans ta gueule mais aussi subtil, voire experimental, le vilain mot, hein)
Après je sais pas, je n'y connais tellement rien que je ne m'attarderai pas à parler de musique néo frange dure, et je crois que c'était un bon groupe mais qui jouait un mur de son presque trop parfait. Rôdé. Au dela de la critique. Pas d'emprise sur eux. Pas le choix. Et l'ultime me fait un peu chier.
Oooooh et puis Sword Heaven !!!! Un duo de folk musique de L'Ohio. Un bassiste de Weezer qui jouait d'un tube en metal éléctrique, et un barbu tellement beau que des tas de types auraient été ravis de ressembler a son cul, comme dirait Preston. Le beau barbu commençant par traverser la salle à quatre pattes en hurlant avec des cymbales accrochés à la cheville, un truc deja hyper plaisant,pour ensuite monter sur scène derrière une batterie rudimentaire, se scotcher un piezzo sur la gorge, pour degoitrer des hurlements imaginaires au pouvoir d'evocation saisissant. Au choix, un monstre, un dinosaure, une salle de torture ou un démon énérvé en train de dévorer des petits enfants un après-midi d'apocalypse. Le tout en déroulant des rythmiques effrayantes et simples, pendant que l'autre tube electrique crissait en la bemol et aussi toutes les autres notes à la fois. Bon décrit comme ça, ça ne fait pas très envie, ou alors si, si vous aimez ecouter Peter Brotzmann le matin passé dans votre marshall avec la disto a donf', mais en fait, il se dégageait de tout ceci une joie simple et authentique, une therapie bonhomme, une catharsis youpî tralala. J'avais un smile de là à là, et j'ai même vu de jeunes gens de confession emo-punk l'avoir aussi. Je crois que ça à tout simplement fait planer tout le monde, et alors si on demande autre chose a un groupe...
Bon je m'épanche vachement sur tout ces gens, n'y voyez pas que la fascination béate d'un européén rachitique pour nos amis au bon bueurre de cacahuète, mais c'est juste que tout ça est arrivé y a pas longtemps et que c'est encore presque frais dans ma mémoire, qui s'efface à une vitesse folle. La fin de la soirée est assez floue. Il me reste plus des impressions... des odeurs.Enfin je crois que c'était typiquement rock'n'roll. Un déluge de drogue, de sexe et de mots d'esprits. A un moment, Zozzal a fait rire tout le monde en faisant semblant de manger une de ses dreads, et puis un membre de Russian Circle a bu une vodka par le nez. La folie. Et puis il fut temps de rentrer. Alors Deborah Kant s'est grondé en deux, pasque certains voulait rester faire l'amour avec These Arms are Snakes, et d'autres voulaient aller jouer du djembé sur les quais de saone, et tout est parti en gouicra.
Aujourd'hui Deborah Kant s'est séparé en deux entités distinctes.
Un groupe d'abstract screamo-core qui s'appelle Sors de ma Vie,Rascal, et qui se produira exclusivement dans les concentres de graphistes à lunettes à montures moulées, et un duo experimental drone / pensée nommé Brütal Roudoudou.
De terribles incertitudes, pour moi qui n'aie pas fait d'études...
5 commentaires:
C'est marrant, cette faculté à n'avoir aucun recul sur son propre travail, et cette aisance à critiquer celui des autres (jalousie ?) ou alors tu préfères les groupes de pimpims qui s'habillent chez Emmaüs parce que ça fait "underground", qui préfèrent jouer 3 accords à l'arrache en donnant de grands coups de pieds dans leurs amplis pour en tirer un son ridicule, ceux qui ne se remettent pas en cause quand la moitié de la salle reste devant l'entrée du rail théatre à attendre la suite du concert mais qui préfèrent se dire qu'un public "emo-punk" n'entend rien à la musique...en bref rassure-toi tu as choisi le bon groupe (un groupe qui en plus a le mérite de ne pas être américain, formidable non ?). Sur ce je laisse le grand expert (mode, musique...) que tu sembles être à sa profonde méditation sur un blog vide (de sens, de contenu et même de visiteurs)...
Excellent ce commentaire :)
Il a pas kiffé Sword Heaven le monsieur?
Bon sinon je me souviens avoir fait semblant de manger une dread, c'est quoi cette légende?
Non, j'ai beaucoup aimé sword heaven, ce que j'ai moins aimé (sans pour autant detester) c'est deborah kant. Et ce que j'aime encore moins c'est de voir des groupes chier sur d'autres groupes tout simplement parce qu'au final ils sont moins bons.
J'avoue a la relecture que ce post parait totalement méprisant et prétentieux. Mais c'est ma façon de dire je t'aime.
Merde quoi, j'ecris pas si mal que ça quand même. Ce que je dis c'est que j'ai aimé Sword Heaven, j'ai aimé Russian Circles, et que j'ai aimé TAAS sur le côté.
Que les groupes americains, sont lookés, bien plus pros que nous ( deborah kant), ce qui fait qu'ils ressemble un peu a des vidéos.
Je suis triste et je n'ecrirais plus jamais rien sur ce blog vide et non lu.
Enregistrer un commentaire